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L’intégration de l’Animus Logos à la psyché féminine

L’Animus intégré est une expansion de conscience pour la femme. Pour cette raison très simple, que l’Animus est la face masculine du Soi. Le Soi est l’archétype de la totalité psychique, dont les deux versants ou polarités sont le Masculin et le Féminin, l’Animus et l’Anima. L’Animus archétype est donc le versant masculin du Soi, comme l’Anima archétype est le versant féminin du Soi. Quand l’Animus archétype se constelle positivement dans l’inconscient de la femme il attire une grande quantité de libido à lui, qu’il va restituer en lui donnant de la vitalité, de l’enthousiasme, du sens à sa vie et de la force. S’il se constelle négativement au contraire il soustrait de la libido à la conscience et la femme déprime et s’effondre.

La vocation première de l’Animus archétype est de permettre à la femme de réaliser ses aspirations spirituelles les plus élevées. En ce sens il est une expérience d’éveil qui conduit au Soi, à ce qui est plus grand que le Moi. Et donc, la dissociation volontaire entre l’Animus qui la pense et ce qu’elle est en mesure de penser par elle-même est l’accès incontournable au Soi, gage de complétude et plénitude. Pour la femme qui aura fait la traversée, « le simple fait de vivre est une expérience d’illumination » dit M.L. Von Franz.

Le Masculin de la femme n’est plus une imitation du Masculin de l’homme.

La femme contemporaine admet qu’elle ne doit plus imiter l’homme, mais intégrer son masculin dans ce qu’il a de spécifique. En effet le masculin de la femme n’est pas le masculin de l’homme. Chez la femme il est un tremplin qui lui permet d’aller au-delà de la prise de conscience. Il lui donne accès à une conscience supérieure, celle du Logos. Tandis que le masculin chez l’homme est une disposition naturelle à l’analyse rationnelle et logique. C’est toute la différence entre une intelligence intuitive et une intelligence analytique. Celle-ci ne donne pas à l’homme, l’accès à la conscience, mais à la prise de conscience et à l’explication. Il aura recours à son anima pour y prétendre. Dans une activité artistique c’est son anima qui se projettera alors que dans une activité de dirigeant, ce sont ses qualités masculines neurologiques et biologiques qui seront sollicitées. Pour la femme il en sera autrement ; dirigeante, c’est son Animus qui s’extériorisera, alors qu’artiste elle mobilisera ses qualités féminines neurologiques et biologiques.

L’archétype Animus Logos a besoin d’être canalisé par des femmes conscientes. A défaut il retourne à l’inconscient collectif où il agit de manière autonome et négative au détriment de la communauté des femmes. Ce phénomène éclaire leurs statuts « d’être manquant » depuis des siècles, il donne les clés de leur émancipation et de l’évolution de leur condition. Pour permettre l’expansion de sa conscience la femme doit participer activement à se dissocier de l’Animus : « quand est-ce que je pense par moi-même et quand est-ce que ça pense en moi ? »

La dissociation volontaire ou la participation consciente de la femme est incontournable et cela suppose une remise en question des opinions, croyances, préjugés, rationalisations, humeurs, animosités, velléités de pouvoir avec lesquelles la femme fonctionne.

 

Dominique Baumgartner – L’Animus, « l’âmi » ou l’ennemi de la femme (Editions : enavance.fr)