@Elena-Vizerskaya

 

Névroses et psychoses :

La dissociation est, selon Jung, le phénomène central de la maladie. Dans la dissociation, le conscient et à la fois coupé de l’inconscient et possédé par lui. « La possession par l’inconscient, c’est d’être déchiré en un grand nombre d’êtres et de choses, c’est une "disjonction" (Psychologie du Transfert). E.G. Humbert fait remarquer de son côté que « c’est par rapport à cette possession/disjonction que Jung définit les psychoses et les névroses ».

La névrose est une dissociation entre le conscient et l’inconscient. Elle ne résulte pas comme la psychose, d’une domination des contenus de l’inconscient. Elle est provoquée par un asservissement à l’instinct, à la morale ou à des caprices infantiles. « La plupart des névroses sont de faux développements qui ont été construits au cours de nombreuses années ». La névrose est une croissance erronée parce qu’unilatérale. « On a une névrose pour avoir méconnu les lois fondamentales du corps vivant ». Dans une névrose, le sujet utilise certaines fonctions et néglige les autres.

Le traitement analytique, dit Jung, ne doit pas simplement « chercher à supprimer les symptômes ». Il ne s’agit pas de les « arracher comme des dents malades ». Les symptômes révèlent à la fois les dysfonctionnements et les compensations que l’inconscient tente de leur apporter. La maladie fait partie de la biographie de celui qu’elle atteint, et elle est, d’une certaine manière, une tentative de guérison.

« Une névrose est le signe d’une accumulation de l’énergie dans l’inconscient au point de devenir une charge susceptible d’exploser » (Métamorphoses et symboles de la libido). Et cette névrose qui signale la blessure intime (congénitale ?) du patient apparait comme le signe d’un destin tant que le conscient n’entre pas en jeu. L’analysé commence à se libérer dès qu’il prend en charge les dynamismes créateurs qui sont en action dans la maladie elle-même. « Ce que le malade doit apprendre, ce n’est pas comment on se débarrasse d’une névrose, mais comment on l’assume et on la supporte ». La maladie peut ainsi devenir le signe d’une nécessaire régression qui, grâce à l’analyse, trouve place dans l’histoire du sujet.

 

André Nataf – Le monde de…Jung (Ma Editions)